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  <title>Méjean, mon île magnifique</title>
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  <modified>2012-02-03T22:20:33+01:00</modified>
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  <title>Partoo vs SwissRoomBox</title>
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  <issued>2012-02-03T22:20:33+01:00</issued>
  <modified>2012-02-03T22:20:33+01:00</modified>
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  <author><name>Freeroots</name></author>
  <dc:subject>Bricoleries</dc:subject>
  <summary>Ahhhhhh, les Suisses... 
Impeccables comme toujours. Les Suisses, c'est la liberté propre, calculée au millimètre, et pas donnée. Un savant mélange de perfection et d'insupportable confort bobo... 

Eau chaude, gaz, électricité 220V. Tout juste s'il n'y a pas un rangement pour les sandales...</summary>
  <content type="text/html" mode="escaped"> Ahhhhhh, les Suisses... &lt;/br&gt;
Impeccables comme toujours. Les Suisses, c'est la liberté propre, calculée au millimètre, et pas donnée. Un savant mélange de perfection et d'insupportable confort bobo... 

&lt;p&gt;Eau chaude, gaz, électricité 220V. Tout juste s'il n'y a pas un rangement pour les sandales néobab en Kevlar, la balayette à clairière et la cuvette d'aisance en faïence immaculée avec trappe pour dévidoir de papier senteur Ricola des Alpes.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;À défaut d'être roots et économique, c'est marrant à regarder.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Prix : 6 500 à 7 700 € hors taxes suivant modules. Mmh ? Ah ben qualité Suisse hein !&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;em&gt;Merci à &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://popach.canalblog.com/&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Aurèle&lt;/a&gt; pour l'info.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;/br&gt;

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  <title>Comme une île en plein ciel</title>
  <link rel="alternate" type="text/html" href="http://freeroots.free.fr/blog/index.php/2011/10/22/53-comme-une-ile-en-plein-ciel" />
  <issued>2011-10-22T22:57:46+02:00</issued>
  <modified>2011-10-22T22:57:46+02:00</modified>
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  <author><name>Freeroots</name></author>
  <dc:subject>Méjean</dc:subject>
  <summary>Je suis tombé presque par hasard sur cet article de Patrick BARD, bon connaisseur du Massif central, publié dans LeMonde.fr en août 2010. Je vous livre tel quel ce morceau de rêve où je retrouve avec délices mon Île Magnifique. 

En Lozère, le Causse Méjean, comme une île en plein ciel

24.08.10 | 17h22 • Mis à jour le 24.08.10 | 17h32



Troupeau de brebis à Nivoliers, dans le Causse Méjean. 
© PATRICK BARD



Les cigales griffent le silence sous un soleil qui recuit le plateau calcaire. Là-bas, à plus de 1200 mètres d'altitude, la silhouette du Mont Gargo nargue les Cévennes. Nous sommes sur le causse Méjean, relié au reste de la Lozère par quelques saute-ruisseaux médiévaux, à peine des ponts jetés sur le Tarn et la Dourbie, rompant l'isolement des steppes qui ondulent dans la touffeur de l'été. En bas, les vignes, les canoës. Les bulles de la source de Quézac. En haut, le désert.

Quelques blés dansent au fond des dolines d'argile. Des villages ponctuent ça et là le causse. Peu. L'âge de pierre a duré, en ce pays ras. Le calcaire a suppléé le bois. En dehors des volets, des portes, pas une poutre. Pas un plancher. Les toits de lauzes sont supportés par des voûtes, des contre-voûtes qui donnent à la moindre grange, la moindre bergerie, des allures de cathédrale pour brebis.

Le regard porte loin sur ces terres rudes, jusqu'au Mont Aigoual. Pas grand-chose ne l'arrête : 420 km2 pour à peine plus de 430 habitants, une densité pré-sahélienne. L'été carbonise les pelouses sèches aux allures de Mancha, bornées de moulins à vent ruinés. La maigre silhouette du Quichotte pourrait bien surgir.</summary>
  <content type="text/html" mode="escaped">Je suis tombé presque par hasard sur cet article de Patrick BARD, bon connaisseur du Massif central, &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.lemonde.fr/voyage/article/2010/08/24/en-lozere-le-causse-mejean-comme-une-ile-en-plein-ciel_1402317_3546.html&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;publié dans LeMonde.fr&lt;/a&gt; en août 2010. Je vous livre tel quel ce morceau de rêve où je retrouve avec délices mon Île Magnifique. &lt;/br&gt;&lt;/br&gt;

&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En Lozère, le Causse Méjean, comme une île en plein ciel&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;24.08.10 | 17h22 • Mis à jour le 24.08.10 | 17h32&lt;/p&gt;&lt;/br&gt;

&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;/blog/images/Vignettes textes/troupeau-de-brebis-a-nivoliers-dans-le-causse.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;/blog/images/Vignettes textes/troupeau-de-brebis-a-nivoliers-dans-le-causse.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 4px 10px 5px 0px; border: 0&quot;; alt=&quot;Troupeau de brebis à Nivoliers dans le Causse Méjean&quot;; tittle=&quot;Troupeau de brebis à Nivoliers dans le Causse Méjean&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/br&gt;&lt;/br&gt;&lt;/br&gt;

&lt;em&gt;Troupeau de brebis à Nivoliers, dans le Causse Méjean. &lt;/br&gt;
© PATRICK BARD&lt;/em&gt;

&lt;/br&gt;&lt;/br&gt;&lt;/br&gt;

&lt;p&gt;Les cigales griffent le silence sous un soleil qui recuit le plateau calcaire. Là-bas, à plus de 1200 mètres d'altitude, la silhouette du Mont Gargo nargue les Cévennes. Nous sommes sur le causse Méjean, relié au reste de la Lozère par quelques saute-ruisseaux médiévaux, à peine des ponts jetés sur le Tarn et la Dourbie, rompant l'isolement des steppes qui ondulent dans la touffeur de l'été. En bas, les vignes, les canoës. Les bulles de la source de Quézac. En haut, le désert.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Quelques blés dansent au fond des dolines d'argile. Des villages ponctuent ça et là le causse. Peu. L'âge de pierre a duré, en ce pays ras. Le calcaire a suppléé le bois. En dehors des volets, des portes, pas une poutre. Pas un plancher. Les toits de lauzes sont supportés par des voûtes, des contre-voûtes qui donnent à la moindre grange, la moindre bergerie, des allures de cathédrale pour brebis.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Le regard porte loin sur ces terres rudes, jusqu'au Mont Aigoual. Pas grand-chose ne l'arrête : 420 km2 pour à peine plus de 430 habitants, une densité pré-sahélienne. L'été carbonise les pelouses sèches aux allures de Mancha, bornées de moulins à vent ruinés. La maigre silhouette du Quichotte pourrait bien surgir.&lt;/p&gt; &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;/blog/images/Vignettes textes/christian-avesque-dernier-berger-du-causse.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;/blog/images/Vignettes textes/christian-avesque-dernier-berger-du-causse.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 4px 10px 5px 0px; border: 0&quot;; alt=&quot;christian-avesque-dernier-berger-du-causse&quot;; tittle=&quot;christian-avesque-dernier-berger-du-causse&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/br&gt;&lt;/br&gt;&lt;/br&gt;

&lt;em&gt;Christian Avesque, dernier berger du causse, près de Nivoliers.&lt;/br&gt;
© PATRICK BARD&lt;/em&gt;
&lt;/br&gt;&lt;/br&gt;&lt;/br&gt;

&lt;p&gt;Mais non, c'est plutôt celle d'un berger qui mène son troupeau vers Nivoliers. Un pasteur à la barbe biblique que le vent irrespectueux ébouriffe. Christian Avesque est l'habitant au kilomètre carré de ce coin de désert. Le dernier berger salarié du causse. Un indigène atypique : “J'ai fait l'Algérie et après, je ne suis plus jamais reparti d'ici. Autrefois, il y avait plus de monde. Les bergers transhumaient, ils montaient des plaines du Languedoc avec leurs troupeaux. Tout ça, c'est fini. Heureusement, des nouveaux se sont installés. Certains méritent plus ce pays que ceux qui y sont nés. Ils l'ont choisi.” Comme Sébastien Carton de Grammont, qui veille sur les chevaux de Przewalski, au hameau du Villaret.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Tout a commencé au tournant des années 1990. Przewalski, ultime représentant des équidés septentrionaux hérités de la préhistoire, a disparu des steppes mongoles où il vivait encore à l'état sauvage jusqu'au début du XXe siècle. Les derniers spécimens, à peine plus d'une dizaine, sont dispersés dans des zoos aux quatre coins du globe.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Avec le soutien du WWF, Claudia Feh, une passionnée de cheval, a initié “Takh”, un projet de sauvegarde et de réintroduction du cheval de Przewalski en Mongolie. Mais pour réussir, il lui faut d'abord acheminer les animaux depuis les zoos d'Europe jusqu'en un lieu où ils pourront vivre en semi-liberté et se reproduire afin que leur descendance renoue avec la vie sauvage. Un lieu proche par son apparence des steppes mongoles.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Ce sera le Méjean. Sébastien a vu grandir les chevaux : “Ils ont dû supporter les hivers rudes, les étés brûlants. Des hordes se sont constituées. Il y a quatre ans, les premiers spécimens ont été relâchés en Mongolie. L'opération est un succès. Le Méjean y est pour beaucoup. C'est un écosystème proche des steppes mongoles. L'eau en moins.”&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Et pour cause. Le calcaire est une passoire. C'est aussi le socle du causse. Au tertiaire, le Massif Central n'est plus qu'une succession de collines érodées qui domine la mer. L'activité volcanique et la poussée des Alpes et des Pyrénées vont propulser l'Auvergne en plein ciel, jusqu'à 1500 mètres d'altitude et plus. Au sud, les fonds marins surgissent des eaux en une gigantesque dalle de calcaire de plusieurs centaines de mètres d'épaisseur, formée au cours de centaines de millions d'années de coquillages, de micro-organismes tassés en couches successives par la pesanteur océane.&lt;/p&gt;

&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;/blog/images/Vignettes textes/les-corniches-du-mejean-au-dessus-des-gorges.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;/blog/images/Vignettes textes/les-corniches-du-mejean-au-dessus-des-gorges.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 4px 10px 5px 0px; border: 0&quot;; alt=&quot;les-corniches-du-mejean-au-dessus-des-gorges&quot;; tittle=&quot;les-corniches-du-mejean-au-dessus-des-gorges&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/br&gt;&lt;/br&gt;&lt;/br&gt;

&lt;em&gt;Les corniches du Méjean, au-dessus des gorges du Tarn.&lt;/br&gt;
© PATRICK BARD&lt;/em&gt;
&lt;/br&gt;&lt;/br&gt;&lt;/br&gt;

&lt;p&gt;Soumis à des forces contraires, le plateau monte jusqu'à plus de 1000 mètres et se brise en quatre morceaux. Les causses majeurs, Sauveterre, Méjean, Causse Noir et Larzac sont nés, bientôt recouverts d'épais glaciers dont les eaux de fonte se rueront dans les failles, créant les gorges du Tarn, de la Jonte, du Trévézel et de la Dourbie. Plus tard viendront les hommes, qui laisseront sur le Méjean leurs mégalithes et leurs dolmens.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Des bergers, déjà. Et des résiniers gallo-romains, qui extrairont de la sève des pins une poix pour le calfatage des galères. Jusqu'au tournant du XXe siècle, les Caussenards charrieront les pierres, bâtissant des centaines de kilomètres de murets de pierre sèche, arrachant aux dépressions argileuses, là où l'humidité s'attarde, les récoltes de céréales, comme à Fretma. Ici, il y a cent ans, on vivait encore à cinquante personnes à l'année, quatre-vingt en période de moisson.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Fretma fut la plus grande ferme du causse. Puis vint l'oubli. L'exode. Au début des années soixante, une partie du Méjean tombe dans l'escarcelle du parc national des Cévennes. Témoin de ces temps industrieux, Fretma est depuis peu ressuscité, sauvé de la ruine grâce à l'acharnement de ses propriétaires. Il a fallu attendre les années de l'après-68 pour voir arriver sur le Méjean les premiers candidats au retour à la terre.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Cheveux au vent et guitares en bandoulière, comme à Chambalon, où chaque année en août se déroule le festival du Loup dans la Bergerie. Tipis, tentes et vente de vêtements d'inspiration indo-népalaise y sont toujours au rendez-vous. Ici, le temps s'est arrêté entre un blues texan et une valse manouche, et la décroissance est au goût du jour. Une philosophie qui sied au causse. Car tout dans le paysage dit l'économie.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Les toits-citernes, les gouttières creusées dans les troncs de pin, qui tentent de retenir l'eau des pluies venues de la Méditerranée voisine et qui s'obstine à fuir à travers le calcaire poreux jusque dans les vallées, à travers un monde souterrain, l'envers du Méjean, tout en grottes, en avens dont le plus célèbre, l'aven Armand, attire des milliers de visiteurs chaque année. Cette splendeur doit son nom à un paysan, Louis Armand, qui explora par hasard une gigantesque faille sur le Méjean le 17 septembre 1897. Si grande que Notre- Dame de Paris y tiendrait. Édouard Martel, journaliste et spéléologue français, accourt. Il explore l'aven, puis découvre d'autres merveilles : l'abîme de Bramabiau, la grotte de Dargilan... Martel est dithyrambique.&lt;/p&gt;

&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;/blog/images/Vignettes textes/daniel-andre-et-son-equipe-de-speleologues-dans.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;/blog/images/Vignettes textes/daniel-andre-et-son-equipe-de-speleologues-dans.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 4px 10px 5px 0px; border: 0&quot;; alt=&quot;daniel-andre-et-son-equipe-de-speleologues-dans la grotte du Ron de Gotti, sous le causse Méjean&quot;; tittle=&quot;daniel-andre-et-son-equipe-de-speleologues-dans la grotte du Ron de Gotti, sous le causse Méjean&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/br&gt;&lt;/br&gt;&lt;/br&gt;

&lt;em&gt;Daniel André et son équipe de spéléologues dans la grotte du Ron de Gotti, sous le causse Méjean.&lt;/br&gt;
© PATRICK BARD&lt;/em&gt;
&lt;/br&gt;&lt;/br&gt;&lt;/br&gt;

&lt;p&gt;Un enthousiasme qui ne s'est pas démenti depuis. Daniel André a beau vivre à Ispagnac, dans les Gorges du Tarn, c'est le Méjean qu'explore ce passionné de spéléologie : “La spéléologie française est née ici. C'est un monde de silence, troublé seulement par le goutte-à-goutte de l'eau qui perce la terre, au-dessus de nous.” Avec son épouse, ils ont découvert il y a vingt ans la grotte du Ron de Gotti. Il faut ramper longtemps, au long du Tarn qui disparaît sur 800 mètres pour entrer là. Dans la vapeur des haleines, les concrétions élégantes dansent à la lueur des lampes à acétylène.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Le temps se dilate. Daniel souffle sa lampe. L'obscurité utérine nous enveloppe. La température n'excède guère les 11° C. Difficile d'imaginer qu'au-dessus de nous, le soleil cogne… Retour à Nivoliers. L'été capitule. Christian le berger consulte sa montre. Il est temps de sortir les brebis, à la fraîche. “J'essayerai de tenir encore un ou deux ans, avant la retraite. J'aime ce désert, qui n'en est pas tout à fait un, car de nouveaux arrivants s'installent. Nous avons cessé de perdre des habitants. Mais jusqu'à quand ? Avec ce pétrole qui augmente, les enfants qu'il faut envoyer à l'école… ”&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Une ombre passe. Christian scrute le ciel. Un vautour fauve enroule ses boucles élégantes dans un courant d'air chaud. Réintroduit, lui aussi. Pour le plus grand bonheur de ce singulier berger que le retour du loup ne dérangerait pas : “On devrait considérer la nature comme un tout. Avec les oiseaux, les loups, les fleurs et les brebis. Et nous.”&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Quelque part sur terre, sur une île en plein ciel appelée Méjean, la nuit tombe et s'ouvre sur un ciel sillonné d'étoiles filantes qui se désintègrent au-dessus du désert français.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Patrick Bard&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;</content>
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  <title>Une journée bien balisée</title>
  <link rel="alternate" type="text/html" href="http://freeroots.free.fr/blog/index.php/2010/09/26/51-une-journee-bien-balisee" />
  <issued>2010-09-26T18:19:34+02:00</issued>
  <modified>2010-09-26T18:19:34+02:00</modified>
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  <author><name>Freeroots</name></author>
  <dc:subject>Brèves</dc:subject>
  <summary>

Souvenirs d'une journée de travail au grand air, fin juillet, émaillée d'aimables rencontres. 
De ces journées et de ces rencontres qui vous réconcilient avec la vie, avec le monde. Sans doute parce que ce que vous faites à ce moment-là vous rend sympathique aux autres, curieux de cet inconnu au comportement étrange qui cherche fébrilement un endroit où poser sa marque, comme font les chiens qui tournent et reniflent pour choisir un coin où pisser ; et puis ce petit rectangle jaune qu'il laisse en repartant est bien connu et parle de liberté et d'heures gaies. 
Et aussi parce que cette tâche est d'une délicieuse ambiguïté : elle est f-utile. Avoir pour travail de baliser un chemin de randonnée, c'est-à-dire de se promener dans la nature en dessinant ces petits signes ludiques, procure la sensation tour à tour honteuse et légitime d'être payé pour prendre du plaisir à préparer le plaisir des autres. Un semblable cadeau ne peut que mettre et le cœur et l'esprit dans les meilleures dispositions pour goûter le contact humain au détour du chemin.

</summary>
  <content type="text/html" mode="escaped">&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;/blog/images/galeries/divers/balise.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;/blog/images/Vignettes textes/baliseweb.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 4px 10px 5px 0px; border: 0&quot;; alt=&quot;balise&quot;; tittle=&quot;balise&quot;&gt;&lt;/a&gt;

Souvenirs d'une journée de travail au grand air, fin juillet, émaillée d'aimables rencontres. &lt;br&gt;
De ces journées et de ces rencontres qui vous réconcilient avec la vie, avec le monde. Sans doute parce que ce que vous faites à ce moment-là vous rend sympathique aux autres, curieux de cet inconnu au comportement étrange qui cherche fébrilement un endroit où poser sa marque, comme font les chiens qui tournent et reniflent pour choisir un coin où pisser ; et puis ce petit rectangle jaune qu'il laisse en repartant est bien connu et parle de liberté et d'heures gaies. &lt;br&gt;
Et aussi parce que cette tâche est d'une délicieuse ambiguïté : elle est f-utile. Avoir pour travail de baliser un chemin de randonnée, c'est-à-dire de se promener dans la nature en dessinant ces petits signes ludiques, procure la sensation tour à tour honteuse et légitime d'être payé pour prendre du plaisir à préparer le plaisir des autres. Un semblable cadeau ne peut que mettre et le cœur et l'esprit dans les meilleures dispositions pour goûter le contact humain au détour du chemin.

&lt;br&gt;&lt;br&gt; &lt;strong&gt;Le monsieur serviable&lt;/strong&gt;

&lt;p&gt;Instantanément, à la faveur de cette première rencontre de la journée, je me suis trouvé transporté au Québec. Rien à voir avec un quelconque accent, c'est tout autre chose. A Montréal, il y a un truc étonnant. Lorsque vous êtes perdu dans cette ville merveilleuse de presque deux millions d'habitants dont les rues vues d'avion dessinent un tartan breton, en fait, vous n'êtes pas perdu. Il suffit d'avoir avec soi un plan. Par exemple un plan de Paris. Ou de Brest. Ça marche aussi avec un plan de Montréal mais c'est moins l'fun. Vous dépliez ce bout de papier et vous attendez. Si vous êtes pressé, vous pouvez éventuellement lever le nez pour lire distraitement une ou deux plaques de noms de rues, mais c'est pas obligé.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Il se passe, suivant l'heure et selon les quartiers, entre une et cinq minutes avant que la chose se produise, toujours à peu près de la même manière. Quelqu'un vous tapote sur l'épaule en disant : &quot;Comment c'est que j'pourrais t'aider à être moins perdu ?&quot;.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Au début, c'est désorientant tous ces gens qui foncent droit sur vous au signal du plan sorti de la poche pour vous remettre dans le droit chemin. Des p'tits vieux ou des moins de vingt ans, des individus, des couples, des groupes, des cadres ou des types louches... A Montréal, sachez-le, il faut se cacher pour déplier un plan, sauf si vous avez envie de vous faire plein d'amis. Mais le plan n'est pas indispensable pour ça au Québec.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Peinant à trouver dans les ruelles du petit village le chemin que je devais baliser, j'ai sorti mon plan. Et le monsieur serviable est venu vers moi.&lt;/p&gt;

&lt;br /&gt;


&lt;strong&gt;La p'tite dame chauve&lt;/strong&gt;

&lt;p&gt;Elle est arrivée tout doucement par le chemin sur lequel j'étais aux prises avec un gros chêne rechignant à se laisser marquer. Le rétif était planté sur un talus abrupt ne laissant aucun appui pour atteindre la hauteur voulue et l'emplacement idéal pour peinturlurer. Seule une branche haute permettait de se tenir d'une main pour travailler de l'autre, le corps tout de biais, un pied sur le talus et l'autre dans le vide. Dans cette position, qui n'est pas sans rappeler celle, beaucoup plus élégante, d'un chimpanzé déployant tous ses efforts pour attraper un fruit hors de portée, vous devez ôter une partie de l'écorce rugueuse avec une plane, outil tranchant s'employant à deux mains, puis lisser la zone dégrossie avec une râpe, sans atteindre l'aubier de l'arbre, finir la préparation avec la brosse métallique, et enfin peindre votre balise, quand ce n'est pas une croix nécessitant l'emploi d'un cache et des dix doigts, en passant et repassant la couleur 15 fois de suite pour qu'elle s'incruste bien dans le support.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Je venais de m'accrocher à nouveau à ma branche, le pinceau entre les dents et le pot de peinture à la main pour le poser à portée dans une anfractuosité du tronc, lorsque je l'ai vue de ma hauteur. Je ne voyais que ça, son crâne lisse et chauve seulement cerné d'une couronne de cheveux, comme l'aurait portée un moine. Habillée comme à la ville, son allure avait quelque chose de très particulier qui dénotait sur ce chemin de campagne. Son regard mêlait profonde tristesse et extrême gentillesse et lorsqu'il a croisé le mien, les mots sont venus aussitôt :&lt;/p&gt;

- Bon'our ma'ame !&lt;br /&gt;
- Bonjour monsieur. Ça tient sous la pluie ce que vous dessinez ? Parce que ça se précise je crois...&lt;br /&gt;
- A'endez, je poje le pot ch'est pas bien fachile avé le pincheau ans la ouche ! Voilà. Vous croyez que c'est pour bientôt ? J'ai pas l'impression...&lt;br /&gt;
- Je crois que vous devriez vous dépêcher.&lt;br /&gt;
- Vous êtes en séjour dans le coin ?&lt;br /&gt;
- Je suis du coin. Je me promène en attendant l'été.&lt;br /&gt;
- Il va bien finir par arriver !&lt;br /&gt;
- Sans doute. Mais l'Auvergne est rarement un pays où on a soif.&lt;br /&gt;
- Et là maintenant on va se faire servir un p'tit coup alors vous pensez ?&lt;br /&gt;
- Ça se pourrait. Mais je ne voudrais pas vous retarder, je ne suis pas une grenouille après tout. Bon courage monsieur.&lt;br /&gt;

&lt;p&gt;Deux balises plus loin je fumais une cigarette sous un sapin en attendant que l'averse passe.&lt;/p&gt;

&lt;br /&gt;


&lt;strong&gt;La vachère&lt;/strong&gt;

&lt;p&gt;Un poteau électrique en ciment, c'est bien et c'est pas bien. C'est bien parce que c'est lisse ; suffit de brosser un peu, de souffler pour ôter la poussière et le tour est joué. Ça fait de la balise bien propre et même, si on la dispose dans un des caissons qui s'empilent les uns au dessus des autres sur ces poteaux, on obtient une petite œuvre d'art ésotérique bien centrée dans son cadre. Mais un poteau en ciment c'est ingrat car c'est très pâle, ce qui fait que la balise claire ressort peu.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Bref. Je venais d'arriver au pied d'un de ces édifices avec l'intention d'y inscrire une croix de mauvaise direction, lorsque le convoi est arrivé. Une douzaine de solides Prim'Holsteins occupant toute la route avec, derrière, un gaillard hirsute au front bas, les bras ballants, au comportement laissant deviner sans doute une certaine arriération, regardant fixement les trois voitures stoppées par la manœuvre. Et devant, la vachère.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Une image d'Épinal. Pas bien grande, modérément forte, un sarrau bleu doublé d'un tablier gris, un pantalon aux nuances incertaines, des bottes kaki en bas et une tignasse noire en haut. Il me semble avoir distingué, dans ce cauchemar de modiste, la lueur d'une couleur vive sans que mon esprit fut capable d'en mémoriser l'origine. Et pour finir de freiner l'improbable élan d'un imaginaire galant sorti du bois, un solide gourdin de noisetier claquant à chaque pas sur le goudron avec lequel elle semblait faire corps.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Chacun sa croix. Je retournais donc à la mienne, ébrouant ma pensée pour la concentrer sur l'ouvrage. La brosse préparait le support en soulevant un petit nuage, avec une énergie tout d'un coup stoppée par l'apostrophe hilare de la vachère appuyée des deux mains sur son bâton :&lt;/p&gt;

- Alors, on fait l'ménage ? C'est gentil de s'occuper de nos poteaux !&lt;br /&gt;
- Comme vous voyez ! Y'a pas d'raison, je suis payé pour ça. J'ai un beau métier, non ?&lt;br /&gt;
- On dirait. Bon, j'y vais pasque y'en a derrière là-bas on dirait qu'ils essayent de rentrer chez-eux. Frottez bien dans les coins surtout !&lt;br /&gt;

&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;


&lt;strong&gt;Le tondeur aux arbres&lt;/strong&gt;

&lt;p&gt;Il passait la tondeuse sur la bordure de son terrain lorsque je suis arrivé sur le carrefour. Délicat ce carrefour : c'est pas souvent qu'on a le choix entre deux superbes emplacements pour poser une balise. Deux arbres de rêve ; bonne taille, écorce lisse, bien en vue, pas un poil de débroussaillage nécessaire... le carrefour du dilemme heureux. Après mûre réflexion et moult hésitations, je choisis celui de gauche et dégaine mon pinceau. Les poils englués de jaune étaient à 10 cm du tronc lorsque j'entendis derrière moi :&lt;/p&gt;

- Perdu !&lt;br /&gt;
- Plaît-il ?&lt;br /&gt;
- Mauvais choix.&lt;br /&gt;
- Ah... mais... pourquoi donc ?&lt;br /&gt;
- Il est à moi c't'arbre là.&lt;br /&gt;
- Ah. Je comprends.&lt;br /&gt;
- Ben oui. Héhé.&lt;br /&gt;
- Ça vous pose vraiment problème cette petite marque jaune sur votre arbre ? Toute petite.&lt;br /&gt;
- Pas le moins du monde.&lt;br /&gt;
- ... ?! Puis-je avoir une petite explication ? C'est pas que je m'acharne, c'est juste pour savoir. Comme ça. De la curiosité quoi.&lt;br /&gt;
- Y'a pas d'mal. Dans un mois, cet arbre je le coupe. Ce serait ballot de le décorer pour rien.&lt;br /&gt;
- Ah. Certes. Vous faites bien de me dire. C'est même me rendre service. Alors dans ce cas je vais me rabattre sur mon second choix, le gros là-bas de l'autre coté.&lt;br /&gt;
- Il est à moi aussi çui-là.&lt;br /&gt;
- (merde) Et ?&lt;br /&gt;
- Ben lui je le coupe pas. Pouvez y aller, y vous dira rien.&lt;br /&gt;

&lt;br /&gt;


&lt;p&gt;Le temps me manque pour parler de mes autres rencontres de cette journée et de la suivante. Car il y avait aussi les camping-caristes cherchant du pain à 20h00 passées dans un chemin, l'algérienne pochetronne qui avait serré la main du maire de la capitale auvergnate, Rachel, sa fille et sa maison pas comme les autres, la blondasse qui n'aimait pas la populace, la jolie métisse de la mairie et ses bottes en caoutchouc, la serveuse de l'auberge, la grand-mère, le fils et le petit-fils tenant conseil de famille pour placer une balise, et puis la grenouille dérangée et les vaches qui n'aimaient pas le jaune...&lt;/p&gt;</content>
</entry>
<entry xml:lang="fr">
  <title>Cabanes dans les arbres</title>
  <link rel="alternate" type="text/html" href="http://freeroots.free.fr/blog/index.php/2010/04/18/37-cabanes-dans-les-arbres" />
  <issued>2010-04-18T22:52:17+02:00</issued>
  <modified>2010-04-18T22:52:17+02:00</modified>
  <id>http://freeroots.free.fr/blog/index.php/2010/04/18/37-cabanes-dans-les-arbres</id>
  <author><name>Freeroots</name></author>
  <dc:subject>Pourquoi</dc:subject>
  <summary>

Est-ce que, par hasard, cette image n'éveille pas en vous un sentiment confus de bonheur perdu ? 
Est-ce que, par hasard, si dans votre bande de copains, l'un (vous savez, celui qui est resté gamin) lançait, entre les cacahuètes et les grillades : "Eh, les gars, on se prend un week-end et on construit une cabane dans le gros chêne du bois des Paillets ! Ce serait génial, non ?!", est-ce que, par hasard, l'espace d'un instant, l'idée ne vous paraîtrait pas séduisante ?

</summary>
  <content type="text/html" mode="escaped">&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;/blog/images/Vignettes textes/lacabane.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;/blog/images/Vignettes textes/cabane.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 4px 10px 5px 0px; border: 0&quot;; alt=&quot;cabane&quot;; tittle=&quot;cabane&quot;&gt;&lt;/a&gt;

Est-ce que, par hasard, cette image n'éveille pas en vous un sentiment confus de bonheur perdu ? &lt;br&gt;
Est-ce que, par hasard, si dans votre bande de copains, l'un (vous savez, celui qui est resté gamin) lançait, entre les cacahuètes et les grillades : &lt;em&gt;&quot;Eh, les gars, on se prend un week-end et on construit une cabane dans le gros chêne du bois des Paillets ! Ce serait génial, non ?!&quot;&lt;/em&gt;, est-ce que, par hasard, l'espace d'un instant, l'idée ne vous paraîtrait pas séduisante ?

&lt;br&gt;&lt;br&gt; Je suis bien sûr que dans une assemblée des gens que je connais depuis longtemps, le taux d'adhésion (à l'idée j'entends) avoisinerait les 50 %. Chez les hommes. Donc 25 % des présents. Ben oui. Faut en être conscient, lâcher une idée pareille devant un auditoire à moitié féminin, c'est l'assurance d'étaler au grand jour cette immaturité flagrante qui caractérise aussi, par exemple, l'homme de plus de 30 ans cumulant les bons scores à la Playstation.

&lt;p&gt;Oh, bien sûr, il n'y aura pas de suite. Mais d'un coup, chez certains, une bouffée d'enfance sera remontée, apportant l'espace de quelques instants des odeurs d'humus et de bois fraichement coupé, des souvenirs de clous et de cordes, des visions de monde feuillu et de pays vu d'en haut, des nostalgies d'après-midi passés à guetter l'ennemi en dégustant le goûter.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Je me disais l'autre jour, dans mon bureau confortable, que je devais bien passer quotidiennement 10 minutes de ma vie professionnelle (et un quart d'heure de ma vie tout court) à regarder tourner le sablier Windows sur mon écran en attendant que quelque chose se déclenche... En d'autres temps, je veux dire au temps de ma jeunesse, c'est à peu près ce moment que je passais chaque jour dans les arbres. Les bois, les champs, les étangs de Sologne, patrie de Raboliot, ont imprégné mon être et formé mon caractère. Dans ce monde de clairières et de lisières, de rives calmes et de ciel clair, j'ai vécu parmi les moments les plus heureux de ma vie.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Les arbres. Je me suis fait un fric fou avec les arbres. Le mercredi après-midi, je pointais la cime d'un grand chêne, d'un sapin, d'un tilleul, et je lançais le défi : &quot;Tout en haut, t'es pas cap !&quot;. En mettant pied à terre, après avoir blessé l'amour-propre de celui qui m'accompagnait, j'empochais tranquillement les cinq ou dix francs du pari. Le double avec la revanche.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Les arbres étaient mon domaine. J'y ai passé des semaines, pour jouer, pour guetter, pour observer, pour chasser, pour dormir... et pour construire. A qui ne peut saisir sans difficulté le bonheur qu'on peut trouver là-haut, la lecture du savoureux roman d'Italo Calvino, &quot;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Baron_perch%C3%A9&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;&lt;/em&gt;Le baron perché&lt;/a&gt;&quot; fera tout comprendre. J'étais né pour être grimpeur-élagueur. Avec le nombre de cabanes que j'ai aménagées dans les frondaisons, ils m'auraient donné le diplôme par équivalence.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;On en voit encore quelques-unes au long des chemins, de ces cabanes dans les arbres. De bric et de broc ou de bonne facture, en ruines ou flambant neuves, à un demi-mètre du sol ou amarrées aux branches maîtresses de fûts immenses... Et c'est rassurant de penser que des enfants y auront vu la vie autrement, que quelque chose d'important a été là vécu, entre ciel et terre, qui a un lien profond et tangible avec la nature et l'imaginaire.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Et même, à voir le soin mis dans la construction de certaines qu'on dirait bâties par des archit-elfes, on peut se dire que quelques immatures ont bien dû gaiement prêter main forte à leur progéniture, histoire de transmettre un bout d'enfance, et aussi quelque chose d'important pour l'avenir... quelque chose comme savoir rester enfant, peut-être.&lt;/p&gt;

&lt;br&gt;

&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour rêver dans les branches... &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


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&lt;/style&gt;

&lt;ul class=&quot;photoses&quot;&gt;
&lt;li&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;/blog/images/galeries/divers/cabane1web.jpg&quot;&gt;&lt;img border=&quot;0&quot; src=&quot;/blog/images/galeries/vignettes galeries/thumb_cabane1.jpg&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;/blog/images/galeries/divers/cabane2web.jpg&quot;&gt;&lt;img border=&quot;0&quot; src=&quot;/blog/images/galeries/vignettes galeries/thumb_cabane2.jpg&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
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&lt;li&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;/blog/images/galeries/divers/cabane5web.jpg&quot;&gt;&lt;img border=&quot;0&quot; src=&quot;/blog/images/galeries/vignettes galeries/thumb_cabane5.jpg&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;

&lt;br&gt;&lt;br&gt;&lt;br&gt;&lt;br&gt;&lt;br&gt;&lt;br&gt;

&lt;p&gt;&lt;em&gt;Aquarelles de Daniel Dufour, extraites du site (magnifique) de &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.la-cabane-perchee.com/web/site_fr.html&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;&lt;/em&gt;La Cabane Perchée&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;

&lt;br&gt;&lt;br&gt;</content>
</entry>
<entry xml:lang="fr">
  <title>Qu'est-ce que c'est ? Qui m'dérange ?!</title>
  <link rel="alternate" type="text/html" href="http://freeroots.free.fr/blog/index.php/2010/04/17/50-qu-est-ce-que-c-est-qui-me-derange" />
  <issued>2010-04-17T21:09:35+02:00</issued>
  <modified>2010-04-17T21:09:35+02:00</modified>
  <id>http://freeroots.free.fr/blog/index.php/2010/04/17/50-qu-est-ce-que-c-est-qui-me-derange</id>
  <author><name>Freeroots</name></author>
  <dc:subject>Brèves</dc:subject>
  <summary>

- Chûuuuut ! C'est rien, t'énerve pas comme ça ! Y'a un gros paquet d'semaines que les volets du blog sont fermés alors je suis venu voir, c'est tout. On est pas à l'abri d'une fuite ou d'une effraction. Même si j'habite plus ici pour le moment, vaut mieux venir s'assurer de temps en temps. Tu vas quand même pas me chier une pendule pasque je t'ai pas prévenu que je passerai !

</summary>
  <content type="text/html" mode="escaped">&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;/blog/images/galeries/divers/fenetre.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;/blog/images/Vignettes textes/fenetreweb.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 4px 10px 5px 0px; border: 0&quot;; alt=&quot;Volets clos&quot;; tittle=&quot;Volets clos&quot;&gt;&lt;/a&gt;

- Chûuuuut ! C'est rien, t'énerve pas comme ça ! Y'a un gros paquet d'semaines que les volets du blog sont fermés alors je suis venu voir, c'est tout. On est pas à l'abri d'une fuite ou d'une effraction. Même si j'habite plus ici pour le moment, vaut mieux venir s'assurer de temps en temps. Tu vas quand même pas me chier une pendule pasque je t'ai pas prévenu que je passerai !

&lt;br&gt;&lt;br&gt;&lt;br&gt; - D'abord, je fais ce que je veux de ma vieille carcasse. Ensuite, tu disparais, tu donnes pas de nouvelles, je vois pas l'ombre d'un billet pendant des mois, et môssieur voudrait être accueilli avec des cris de joie ?! T'veux pas un p'tit dîner avec des chandelles non plus ? T'as vu dans quel état tu nous as laissé la baraque ?! C'est plus un blog, c'est un désert, sec comme un os. Remarque, vu le dernier billet que t'as eu l'immense bonté de poster avant de décamper comme un pet sur une toile cirée, c'est peut-être ce que tu voulais ?

&lt;p&gt;- Oui bah, hein ! On fait c'qu'on peut... ces derniers temps j'avais pu l'goût.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;- Plus le goût... Alors pasque Gilbert a eu une p'tite faiblesse y faut que tout le monde en pâtisse ? Ton dernier billet remonte à février, je compte les égarés qui laissent un commentaire sur les doigts d'une main, et notre rang en premières pages de Google n'est plus qu'un lointain souvenir pour les amoureux du Méjean. Lamentable...&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;- Heu... t'as fini là ou j'attends encore un peu ?&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;- A propos de &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;/blog/images/galeries/divers/coucou.jpg&quot;&gt;pendule&lt;/a&gt;, commence donc par remonter celle d'ici pasque ça fait des plombes que le coucou est pas sorti. M'étonne pas d'ailleurs, vu comme ça poque le renfermé dans le coin... Laisser tout ça à l'abandon aussi longtemps, c'est comme qui dirait une honte ! T'es vraiment le genre &quot;je veux un grand jardin mais j'ai pas l'temps de m'en occuper&quot; !&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;- Bon, ben moi je vais faire un tour hein, pas non plus m'laisser casser les oreilles tout l'après-midi...&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;- C'est ça, c'est ça, va ! Va prendre l'air, balade-toi, fouille les buissons, retourne les grosses pierres, mais ramène-moi un truc nouveau à afficher ! Ça me changera de ces vieilles lignes toutes moisies qui me griffent l'œil dès que je veux regarder l'horizon !&lt;/p&gt;

&lt;br&gt;&lt;br&gt;</content>
</entry>
<entry xml:lang="fr">
  <title>Aride</title>
  <link rel="alternate" type="text/html" href="http://freeroots.free.fr/blog/index.php/2009/02/18/45-aride" />
  <issued>2009-02-18T19:20:38+01:00</issued>
  <modified>2009-02-18T19:20:38+01:00</modified>
  <id>http://freeroots.free.fr/blog/index.php/2009/02/18/45-aride</id>
  <author><name>Freeroots</name></author>
  <dc:subject>Rigoleries</dc:subject>
  <summary>Dans le désert, toute la vie se passe sous les cailloux, comme à La Défense. 

In BC 95

[EDIT] Je remonte ce billet car je viens de croiser une citation du même tonneau, mais d'un auteur un tantinet plus prestigieux que l'honorable anonyme précédent :

La montagne n'est pas dangereuse :...</summary>
  <content type="text/html" mode="escaped"> Dans le désert, toute la vie se passe sous les cailloux, comme à La Défense. &lt;br&gt;

&lt;em&gt;&lt;p&gt;In BC 95&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;[EDIT] &lt;em&gt;Je remonte ce billet car je viens de croiser une citation du même tonneau, mais d'un auteur un tantinet plus prestigieux que l'honorable anonyme précédent :&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;

&lt;/p&gt;La montagne n'est pas dangereuse : on ne peut qu'y perdre la vie, tandis qu'en ville on devient bête et méchant.&lt;/p&gt;

&lt;em&gt;&lt;p&gt;Voltaire&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;</content>
</entry>
<entry xml:lang="fr">
  <title>Amis de partoo</title>
  <link rel="alternate" type="text/html" href="http://freeroots.free.fr/blog/index.php/2008/03/13/41-amis-de-partoo" />
  <issued>2008-03-13T23:31:03+01:00</issued>
  <modified>2008-03-13T23:31:03+01:00</modified>
  <id>http://freeroots.free.fr/blog/index.php/2008/03/13/41-amis-de-partoo</id>
  <author><name>Freeroots</name></author>
  <dc:subject>Bricoleries</dc:subject>
  <summary>Du nouveau pour les amis de partoo !




Si j'en juge par le nombre de visiteurs et les commentaires en forme de gros points d'interrogations laissés au pied des billets parlant de lui (voir ce billet, et cet autre), le Partoo suscite étonnement, intérêt, sympathie, envie, questionnements et même, chez certains, une cruelle démangeaison de la caisse à outils. 

J'ai répondu comme j'ai pu, dressant une liste d'outils ici, de matériaux là, expliquant comment ça tenait, sur quoi ça reposait, où ça appuyait... Mais la forme littéraire n'est pas la plus appropriée pour expliquer la découpe à la meuleuse d'un profil acier 25/100e à bords arrondis avec défonce coaxiale de la languette latérale à clanche sub-torique.</summary>
  <content type="text/html" mode="escaped">&lt;marquee&gt;&lt;h2&gt;&lt;em&gt;&lt;font color=#FF9900&gt;Du nouveau pour les amis de partoo !&lt;/font&gt;&lt;/em&gt;&lt;/h2&gt;&lt;/marquee&gt;

&lt;br&gt;
&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;/blog/images/galeries/divers/Pont-de-Quezac_ND.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;/blog/images/Vignettes textes/Pont-de-Quezac_2.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 4px 10px 5px 0px; border: 0&quot;; alt=&quot;Pont de Quezac&quot;; tittle=&quot;Pont de Quezac&quot;&gt;&lt;/a&gt;

Si j'en juge par le nombre de visiteurs et les commentaires en forme de gros points d'interrogations laissés au pied des billets parlant de lui (voir &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://freeroots.free.fr/blog/index.php/2006/03/13/29-j-ai-acheteacute-un-parlingoo&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;ce billet&lt;/a&gt;, et &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://freeroots.free.fr/blog/index.php/2006/06/09/33-partoo&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;cet autre)&lt;/a&gt;, le Partoo suscite étonnement, intérêt, sympathie, envie, questionnements et même, chez certains, une cruelle démangeaison de la caisse à outils. 

&lt;p&gt;J'ai répondu comme j'ai pu, dressant une liste d'outils ici, de matériaux là, expliquant comment ça tenait, sur quoi ça reposait, où ça appuyait... Mais la forme littéraire n'est pas la plus appropriée pour expliquer la découpe à la meuleuse d'un profil acier 25/100e à bords arrondis avec défonce coaxiale de la languette latérale à clanche sub-torique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Alors j'ai le plaisir de vous annoncer l'ouverture d'une &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://freeroots.free.fr/blog/index.php/gallery/partoo&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;galerie photos&lt;/a&gt; toute entière consacrée au Partoo.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Vous pourrez ainsi comprendre le principe général, les montages, les matériaux, les modèles (biplace et mono)... Une rubrique présente en plus des vues de détail pour distinguer les découpes, les assemblages, les sections, les astuces... (ndidjû, on dirait une pub pour un abonnement d'essai à &quot;Maison &amp; Travaux&quot;...).&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Grand merci au passage à Lionel, jeune homme fort sympathique qui fit un jour un grand détour pour venir découvrir le Partoo à l'état sauvage, avec la ferme intention de s'en construire un. Il réalisa à cette occasion un reportage photos minutieux que n'auraient pas dédaigné Turbo News ou Camping Car Magazine. On lui doit l'essentiel des clichés de la galerie &quot;Détails&quot;.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Etudiez bien, imaginez fort, rêvez beaucoup, adaptez un peu, lancez-vous, l'été n'est pas loin !&lt;/p&gt;</content>
</entry>
<entry xml:lang="fr">
  <title>Le goût du sauvage</title>
  <link rel="alternate" type="text/html" href="http://freeroots.free.fr/blog/index.php/2007/07/08/48-le-gout-du-sauvage" />
  <issued>2007-07-08T18:50:59+02:00</issued>
  <modified>2007-07-08T18:50:59+02:00</modified>
  <id>http://freeroots.free.fr/blog/index.php/2007/07/08/48-le-gout-du-sauvage</id>
  <author><name>Freeroots</name></author>
  <dc:subject>Pourquoi</dc:subject>
  <summary>

Comment expliquer... voyons... mmh. 
Bon. Passez à la grande surface du coin pour acheter un beau poulet. Mettons 1kg800. Du bon. Du fermier. Label rouge, ou bio. Mettez l'affaire au four comme vous savez bien faire. Une bonne heure après, posez la volaille au milieu de la table, laissez votre œil caresser quelques instants la peau dorée et craquante de la bestiole, et enfin goûtez. Pas mal, hein ? Commun, mais plaisant.</summary>
  <content type="text/html" mode="escaped">&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;/blog/images/Vignettes textes/sauvage.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;/blog/images/Vignettes textes/sauvageweb.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 4px 10px 5px 0px; border: 0&quot;; alt=&quot;sauvage&quot;; tittle=&quot;sauvage&quot;&gt;&lt;/a&gt;

Comment expliquer... voyons... mmh. 
&lt;p&gt;Bon. Passez à la grande surface du coin pour acheter un beau poulet. Mettons 1kg800. Du bon. Du fermier. Label rouge, ou bio. Mettez l'affaire au four comme vous savez bien faire. Une bonne heure après, posez la volaille au milieu de la table, laissez votre œil caresser quelques instants la peau dorée et craquante de la bestiole, et enfin goûtez. Pas mal, hein ? Commun, mais plaisant.&lt;/p&gt; Bien. Effacez tout ça de votre mémoire, et reprenez du début. &lt;br&gt;
Chariot, poulet, queue, caissière, maison. Stop. Appelez une petite bande de copains. Les joyeux drilles arrivés, servez une tournée de pastis et faites-leur découper le volatile. Pendant ce temps, allumez un barbecue. Posez les morceaux sur la grille, distribuez un jeu de carte, un frisbee et les photos de la dernière rando dans les Cévennes, et laissez griller une bonne demi-heure. Posez le plat au milieu de la table en plastique sous le vieux pommier, et savourez. Alors ? Fameux, hein !? Vous la sentez la différence ? &lt;br&gt;
Il y a les copains, certes. Mais il y a aussi que vous mangez dehors, au grand air. Il y a surtout que vous jouissez du sentiment inconscient d'avoir œuvré à l'ancienne, comme au temps des premiers foyers tirés des branchages embrasés par la foudre. Ce poulet, vous l'avez affranchi de son  passé de produit de grande consommation. Par votre artisanat de cuisson, en vous donnant un peu de mal et en donnant un peu de votre temps, vous en avez anobli le goût. A ce stade de conscience culinaire, vous avez fait un grand pas vers la vérité. 

&lt;p&gt;Parfait. Maintenant, tirez un trait sur cet ersatz de sensation, et recommençons. &lt;br&gt;
Marchez deux jours en montagne avec un ami. Transpirez, mettez-vous à l'unisson de la nature, mangez du saucisson et de la soupe déshydratée. Puis descendez dans la vallée, arrêtez-vous dans un petit village reculé, entrez dans le bar-tabac-épicerie-charcuterie-droguerie, et achetez votre poulet. Ou plutôt non, tiens, pour changer, un lapin. N'embêtez pas la pauvre Augustine avec vos questions idiotes, elle sait pas ce que c'est, bio. Le lapin, c'est le vieil Anthonin de chez Carsac qui lui en vend quelques-uns. C'est tout. Cher ? Elle sait pas. C'est le prix. C'est tout. &lt;br&gt;
Trouvez dans votre sac-à-dos, entre le péku et les chaussettes en phase terminale, un endroit convenable pour loger ce lapin qui n'a pas de prix mais qui pèse son poids. Passez le reste de la journée à grimper vers la crête qui abritera votre &lt;a href=&quot;http://freeroots.free.fr/blog/index.php/2005/06/03/11-le-bivouac&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;bivouac&lt;/a&gt;, en suant et chérissant les trois kilos inattendus qui ont coûté beaucoup de sous et qui coûtent encore tant d'efforts. Trois kilos oui. Car comme un bonheur n'arrive jamais seul, Augustine avait un petit Côtes du Vivarais pour avec. Allons-y mon lapin. &lt;br&gt;
Lorsque le soleil est bas, trouvez là-haut un petit endroit tout comme il faut. Une petite clairière, mettons, ouverte sur l'horizon rougeoyant. Avec quelques buissons épars et deux rochers pour vous adosser, vous et votre ami. Là, allumez un feu. Cherchez longuement dans le bosquet les trois branches spéciales nécessaires à la confection d'une broche qui économisera vos muscles tout en maintenant efficacement le lapin. Invitez l'intéressé à prendre part aux festivités, parlez-lui amoureusement tout en lui faisant subir les derniers outrages. Posez sur le foyer, tournez et retournez, longtemps, admirez, salivez, buvez, devisez... Lorsque votre visage est aussi brûlé que la peau du bestiau et que la terre qui a produit ce petit vin qui délie si bien  les langues, c'est prêt. Partagez en larges morceaux, saisissez à pleines mains, à pleines dents, et savourez, enfin, le goût du sauvage. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Cette saveur ne s'achète pas, elle se fabrique, autant avec le corps qu'avec la tête. Le goût du sauvage se mûrit, se mérite. D'une bête saucisse, incontournable poncif des barbecues de nos étés, on peut faire un bide à la poêle, ou un régal capable de fixer dans la mémoire des instants rares. Ce qu'il faut, c'est sortir la saucisse de son quotidien, lui faire voir du pays, peiner pour qu'elle vous soit reconnaissante à l'heure où tout se conjugue pour vous transporter dans un monde que l'on voudrait éternel. Là-haut, dans la quiétude du soir, dans le plaisir immense du confort oublié, discrètement, la saucisse sort de son autisme, se révèle. Elle prend le goût du sauvage, s'imprègne d'une pointe de résine, d'un soupçon de sueur, d'un rien de thym. Un engoulevent passe et vous félicite de votre bonheur du moment.&lt;/p&gt;</content>
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  <title>Avo(r)té ?</title>
  <link rel="alternate" type="text/html" href="http://freeroots.free.fr/blog/index.php/2007/05/06/46-avorte" />
  <issued>2007-05-06T20:49:29+02:00</issued>
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  <author><name>Freeroots</name></author>
  <dc:subject>Brèves</dc:subject>
  <summary>Tiens, mais au fait, ça me revient d'un coup, j'ai signé le Pacte Ecologique de notre ami Hulot moi ! 
Nos deux candidats à la présidence aussi du reste. 
J'ai toute confiance en notre nouveau Président pour parvenir à appliquer ses engagements en la matière sans trop de difficultés....</summary>
  <content type="text/html" mode="escaped"> &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;/blog/images/Vignettes textes/programmes.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;/blog/images/Vignettes textes/pioche.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 4px 10px 5px 0px&quot;; alt=&quot;programmes&quot;; tittle=&quot;programmes&quot;&gt;&lt;/a&gt;

Tiens, mais au fait, ça me revient d'un coup, j'ai signé le Pacte Ecologique de notre ami Hulot moi ! &lt;br&gt;
Nos deux candidats à la présidence aussi du reste. &lt;br&gt;
J'ai toute confiance en notre nouveau Président pour parvenir à appliquer ses &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;/blog/images/Vignettes textes/programmes.jpg&quot;&gt;engagements&lt;/a&gt; en la matière sans trop de difficultés.&lt;br&gt;
Notre bonne vieille Terre mérite bien quelque attention, non ?&lt;br&gt;

&lt;p&gt;Tiens, j'ai aussi retrouvé une brève de comptoir de 1995. Plus de 10 ans... ça ne nous rajeunit pas. Rien à voir avec le sujet mais comme il me reste un peu de place sous cette brève...

&lt;p&gt;&quot;En forêt, soit tu te balades, soit tu te perds, c'est l'un ou l'autre, et même des fois les deux ! Ils reboisent avec des nouveaux arbres, des sapins tous pareils, tu t'y retrouves plus, c'est des forêts on dirait des cités de transit, avec que des immeubles pareils, les nouveaux arbres, tu peux être sûr, les écureuils snifent de la colle et les piafs picolent, y'a du malformé dans les oeufs, ça chie dans les nids, un jour, les cigales foutront le feu...&quot;      &lt;em&gt;In BC 95&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;</content>
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  <title>La tuile et la brique</title>
  <link rel="alternate" type="text/html" href="http://freeroots.free.fr/blog/index.php/2007/03/04/44-la-tuile-et-la-brique" />
  <issued>2007-03-04T21:46:03+01:00</issued>
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  <author><name>Freeroots</name></author>
  <dc:subject>Pourquoi</dc:subject>
  <summary>

La Tuile - Cette fois c'est sûr. Déjà, plus bas, il y avait ces pas dans la neige. Du 43-44. Des empreintes bien nettes, avec un rebord arrondi et un relief légèrement atténué par le redoux. Deux jours, pas plus. Une foulée sûre, régulière, sans retour, suivant comme moi le chemin montant au buron qui m'accueillait depuis six ans au coeur de l'hiver.

Lieu hors du commun, pour quelques jours hors du temps. Choisissant délibérément des périodes rigoureuses, de gel, de neige, de pluie qui filtrent naturellement les volontés émoussées par le confort de la vie d'en bas, je m'y suis toujours trouvé seul, pour mon plus grand contentement. Mais là... le doute s'installe.</summary>
  <content type="text/html" mode="escaped">&lt;img src=&quot;/blog/images/Vignettes textes/totem.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 4px 10px 5px 0px&quot;; alt=&quot;totem&quot;; tittle=&quot;totem&quot;&gt;&lt;/a&gt;

&lt;font color=&quot;#005555&quot;&gt;&lt;strong&gt;La Tuile&lt;/strong&gt;&lt;/font&gt; - Cette fois c'est sûr. Déjà, plus bas, il y avait ces pas dans la neige. Du 43-44. Des empreintes bien nettes, avec un rebord arrondi et un relief légèrement atténué par le redoux. Deux jours, pas plus. Une foulée sûre, régulière, sans retour, suivant comme moi le chemin montant au buron qui m'accueillait depuis six ans au coeur de l'hiver.

&lt;p&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://freeroots.free.fr/blog/index.php/2005/12/15/26-lieux-hors-du-commun&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Lieu hors du commun&lt;/a&gt;, pour quelques jours hors du temps. Choisissant délibérément des périodes rigoureuses, de gel, de neige, de pluie qui filtrent naturellement les volontés émoussées par le confort de la vie d'en bas, je m'y suis toujours trouvé seul, pour mon plus grand contentement. Mais là... le doute s'installe.&lt;/p&gt; Les traces se multiplient, deviennent piétinement. A l'abord du buron, elles se doublent dans la neige de profonds sillons dont la nature est évidente. Pour en avoir tracé moi-même une multitude au cours de mes haltes dans ce lieu isolé, je les connais bien. Irréguliers, tressautants, marqués par endroits d'un ocre caractéristique : quelqu'un a tiré vers le buron de longs fûts de jeunes fayards morts, avec l'intention de les débiter pour les brûler dans ce foyer si cher à mon coeur et mes sens.

&lt;p&gt;D'un coup, à trente mètres du buron, les vingt kilos de mon chargement semblent peser le double. Le poids de l'inutilité, qui brise mon élan et me fait marquer une pause. Mes pensées s'emmêlent, l'attente impatiente des longues heures de solitude espérée disparaît, entraînant avec elle dans le néant l'idée réjouissante du magret de canard délicatement doré sur la braise et que devait porter à son apothéose le petit Bourgueil monté ici à la force des reins.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Deux jours, pas plus... Entre avant-hier et maintenant donc. C'est pas rien. Et si le cauchemard était déjà du passé ? Hein !? Et si les indésirables étaient déjà repartis ? Espoir, mon ami, prend-moi par la main et aide-moi à gravir les derniers mètres. Tous sens en alerte, je pose mes pas dans ceux qui ont pollué l'accès de mon paradis. Pas de bruit. Rien ne bouge. Le buron dort en cette fin d'après-midi comme il l'a toujours fait lorsque je suis venu le tirer de son sommeil pour quelques jours.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Mon coeur se calme, mon esprit s'apaise, mes yeux retrouvent l'ordonnancement intact des lieux, mon nez renifle la pureté de l'air où pointent des odeurs d'humus, de neige fondante et de...&lt;br&gt;
De feu de bois !!! Le buron vit ! Il abrite des gens, des... des... des fous qui n'ont rien trouvé de mieux que de venir se paumer dans ce trou du cul du monde où ça caille et où y'a rien de mieux à faire que de couper du bois et le regarder brûler en écoutant passer le vent qui emporte les soucis et le train train quotidien. Tchou.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;La tuile. La grosse. La vraie. La bien lourde qui te désintègre, te ruine le moral, te montre le chemin du retour, tu vois, c'est par-là en bas alors tu remballes tes rêves et tes espoirs, tu les fourres dans ton sac entre tes bananes sèches, ton saucisson et ton pain craquant et tu me redescends tout ça comme t'es venu. Voilà. Et y'a pas de mais.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Woohooo ! Le buron parle... Par la porte basse ouverte, une tête se glisse, surmontée d'une frontale allumée. Juste une tête. Qui me fixe, rigolarde. C'est cette expression qui a retenu le pas de retour que j'esquissais. Après tout, un petit salut de courtoisie ne me retardera guère. J'aurai bien rejoint la voiture à la tombée de la nuit. J'avance donc. Lui aussi. Lui, c'est un énergumène qui dépasse par les deux bouts de son pull à col roulé : en haut, deux yeux vifs dans un visage mangé de barbe, en bas, deux jambes nues plongeant du slip vers des charentaises bleues campées dans la neige. Lui, c'est Philippe.&lt;/p&gt;

&lt;img src=&quot;/blog/images/Vignettes textes/tchin.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 4px 10px 5px 0px&quot;; alt=&quot;tchin&quot;; tittle=&quot;tchin&quot;&gt;&lt;/a&gt;

&lt;font color=&quot;#005555&quot;&gt;&lt;strong&gt;La Brique&lt;/strong&gt;&lt;/font&gt; - Les présentations d'usage faites, nous sommes rentrés dans le buron, moi chargé de mon barda, lui embrumé de sa solitude des jours passés. Après quelques propos anodins sur la météo, l'épaisseur de neige que le foehn tendait à diminuer, la réserve de bois conséquente empilée contre l'âtre, nous ne pûmes éviter bien longtemps l'embarrassante question de nos intentions respectives qui nous taraudait tous deux, et que l'on peut, moyennant la suppression de quelques périphrases, traduire assez fidèlement par &quot;Tu viens faire quoi dans le coin ?&quot; et &quot;Tu comptes rester encore longtemps ?&quot;, voire par &quot;Me dis pas que t'avais l'intention de t'installer ici ?&quot; et &quot;T'as vu la barbe que t'as toi ?&quot;.

&lt;p&gt;En entrant, j'avais laissé tomber mon sac là où je le faisais toujours en arrivant, prenant ainsi inconsciemment possession des lieux. Mais, mine de rien, voyant Philippe évoluer dans &lt;strike&gt;mon&lt;/strike&gt; cet espace qu'il s'était pleinement approprié depuis cinq jours, je me suis reconnu -le pantalon en plus, peut-être-, et mon mental s'est assoupli. Pouvais-je décemment l'incriminer lui, venu chercher ici la même chose que moi, plutôt qu'un épouvantable cafouillage spatio-temporel ? Il était là avant moi, c'était bien sûr à moi de &lt;strike&gt;rester&lt;/strike&gt; &lt;strike&gt;plier&lt;/strike&gt; céder. J'ai donc déclaré, péremptoire, que j'allais m'en retourner, que ma voiture n'était pas loin, que ça m'avait fait une bonne petite balade et que ce n'était pour moi que partie remise.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Philippe m'a regardé sans rien dire. Je comprenais son embarras. Le buron n'est pas à lui, ni à moi, il reçoit qui y passe. Ni lui ni moi ne pouvions nous prévaloir d'une quelconque priorité dans l'occupation des lieux, si ce n'est celle donnée par l'ordre d'arrivée. Mais ce n'était visiblement pas là un argument recevable de son point de vue. Peut-être commençait-il à entrevoir, en même temps que l'idée germait dans mon propre esprit, la possibilité d'une cohabitation qui s'annonçait agréable au regard de l'accord que nos caractères semblaient trouver sur un certain nombre de points. Pas si simple. Nous venions tous deux dans ce lieu pour y trouver solitude et dénuement qui seuls permettent de retrouver une conscience de soi. Or l'addition de deux solitudes n'a jamais fait une solitude plus grande. Mais qu'allions nous donc pouvoir faire pour nous sortir de cette situation ?&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Du thé. On va faire du thé. Tu aimes le thé ? Alors on va faire du thé. Après, on va trouver une solution. Pendant que le thé infusait dans de l'eau tirée de la source et chauffée dans l'âtre, je suis sorti aux dernières lueurs du jour pour regarder ce vaste paysage toujours aussi puissant. A mon retour, Philippe pliait son duvet. J'ai pris ma décision, me dit-il, je connaîs une autre jasserie à un peu plus de trois kilomètres, qui appartient à un ami. Comme je veux rester encore par ici, je vais juste déménager. Je partirai après manger. Mes protestations sincères n'ont pas trouvé d'écho. Philippe mit un terme à mon trouble en me livrant deux arguments massue : l'autre jasserie était comparable à celle-ci dans son aménagement, il ne perdrait donc rien au change, et il partirait en me laissant cinq jours de vaisselle que je trouverai entassée sur le gros rocher derrière.&lt;/p&gt;

&lt;img src=&quot;/blog/images/Vignettes textes/jas.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 4px 10px 5px 0px&quot;; alt=&quot;jas&quot;; tittle=&quot;jas&quot;&gt;&lt;/a&gt;

&lt;p&gt;La chose fut ainsi entendue, et nous pûmes -oui nous pûmes, vous eussiez été là, vous pûtes le constater- nous pûmes, donc, reprendre nos échanges l'esprit libre. Je l'invitais et me mis aux fourneaux. Nous avons parlé de cent choses en quelques poignées de minutes pendant que je faisais revenir dans une grosse casserole toute culotée de noir, calée entre les pierres du foyer, des rondelles d'oignon dans de l'huile d'olive. Nous avons partagé les lentilles et la saucisse de Montbéliard, le fromage et le café. Il est parti à 22h00 par le mauvais chemin boueux, avec sa frontale et son sac contenant le peu d'objets qu'il faut pour vivre bien quand on vit là-haut.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Le lendemain, j'attaquais avec enthousiasme le monceau de vaisselle sale de Philippe, prix de ma solitude. Chèrement payée, le sagouin ! Mais qu'est-ce qu'il a bouffé pour que ça colle au fond comme ça ! Y'a des trucs, j'ai pas reconnu. En fin d'après-midi, il est repassé quelques instants pour une petite visite amicale. Le lendemain, c'est moi qui ai parcouru les sept kilomètres pour aller prendre un thé le temps d'une petite heure dans son nouvel abri. Voilà une solitude bien ténue me direz-vous. Certes. Mais ce voisinage de montagnards de l'ancien temps avait quelque chose de fort. Penser, pendant que l'on vaque à ses petites occupations, que l'autre, par dessus la vallée, dans un lieu et un état d'esprit comparables est probablement en train de faire la même chose, est plaisant.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Tuile et brique sont tirées de la même glaise. Seule l'intention et l'attention en font ce qu'elles doivent être finalement. La grosse tuile jetée dans la mare de mes projets est devenue en quelques heures une noble brique au mur de ma construction intime. &lt;/p&gt;</content>
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